Le progrès technologique et sa diffusion dans l’économie

 

Si on se plonge un bref instant sur le rapport du MEDEF intitulé « Le monde change, Boostons la France » (1) on peut découvrir une information connue de tous, la croissance de notre état n’est pas au rendez-vous mais il existe des leviers pour redresser la situation.

Une phrase me semble particulièrement pertinente en réponse à ce constat : « les marges pour relever la croissance potentielle se situent principalement au niveau de la productivité globale des facteurs, qui est essentiellement liée au progrès technologique et à sa diffusion dans l’économie » p27.

Les leviers d’actions principalement dépendants des entreprises privées sont : l’effort d’innovation, le fonctionnement du marché des produits et l’éducation/la formation p43.

Soit chercher, créer et transmettre

Je pense rapidement aux entreprises qui pourraient être les plus concernées par ces leviers d’actions. Je pense aux PME car elles sont capables de plus de flexibilité de par leur taille que les grandes entreprises et dotées de moyens financiers avec une tendance croissante, la Banque de France nous le rappelle dans son rapport « La situation des entreprises en France en 2018 : les PME tirent leur épingle du jeu » (2). L’évolution du chiffre d’affaire des PME est le plus élevé des entreprises avec 5,3 points de croissance. Les signaux sont au vert et on ne peut que s’en réjouir puisque les PME sont responsables d’une majorité d’emploi en France (3).

Pourtant, les prévisions pour 2020 et après ne sont pas rose. Ce qui m’étonne un peu alors je tente de comprendre pourquoi ? Je reprends ces 3 mots simples : chercher, créer et transmettre.

En ce qui concerne la recherche, les PME sont très actives, pour celles qui sont actives en R&D, et dépensent une plus grande part de leur CA que les autres types d’entreprises selon le constat du Ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’Innovation (4).

Pour ce qui est de créer, les PME créent de la valeur et comptent pour environ 25% de la valeur ajoutée hors secteurs agricole et financier, soit autant que les ETI, moins que les grandes entreprises (30%) et plus que les TPE (20%).

Il reste la transmission. La contribution des PME à atteindre durablement une croissance de 2% et au delà de notre PIB serait ici ? On dirait bien. Dans ce décor la transmission c’est la formation professionnelle pour accompagner le changement. Je prends connaissance d’un graphique qui montre que l’investissement dans la formation des PME est essentiellement motivée par réponse aux exigences réglementaires contrairement aux ETI et grandes entreprises qui elles, priorisent largement les formations pour l’accompagnement au changement (5). Les PME opèrent une participation financière de 2% du coût de la masse salariale dans la formation alors que les ETI et les grandes entreprises se situent à 3,5% (7). L’écart est grand. Pourtant, les PME sont aussi celles qui évaluent le plus l’impact des formations sur la performance de l’entreprise (6). Les résultats ne peuvent qu’être décevants car la corrélation entre la performance et l’investissement dans la formation est de mise.

Le changement passe pour beaucoup par l’adoption de nouvelles méthodes de travail ainsi que par de nouveaux outils et la bonne utilisation qu’on en fait.

Le changement passe pour beaucoup par l’adoption de nouvelles méthodes de travail ainsi que par de nouveaux outils et la bonne utilisation qu’on en fait. On peut facilement trouver le dernier CRM en SaaS dans une ETI alors que des PME utilisent encore des tableurs Excel. Le constat est plus frappant encore sur l’utilisation des LMS et autres plateformes de formation utilisées depuis 10 ans chez certaines entreprises puisque beaucoup de PME ne savent pas que cela existe. Pourtant les coûts de ces outils ont considérablement diminué et sont accessibles pour quelques dizaines d’euros par mois.

PME, il faut se concentrer sur une meilleure transmission, il faut investir plus dans la formation. Il y a des initiatives nouvelles qui ont de l’impact sur les résultats et peuvent satisfaire les besoins des PME. L’open innovation, la formation collaborative, le co-développement sont des réponses adaptées à une meilleure diffusion de la connaissance.

Il ne faut plus attendre car la conjoncture économique ne sera peut-être pas autant en faveur des PME à l’avenir, on a besoin de vous.

Make France great again !

Par Benjamin Arbeit-Taffarelli, Co-founder de Bangcast

 Bangcast plateforme de partage de bonnes pratiques entre commerciaux.

New skills = good skills

 Sources :

(1)  Le monde change, Boostons la France ! Quels leviers pour passer durablement le cap des 2% de croissance ? Medef, publié en mai 2018

(2) Bulletin de la Banque de France, 227/5 – JANVIER-FÉVRIER 2020

(3) Chiffres des secteurs marchands, non agricoles et hors micro-entreprises au sens fiscal, du rapport « Les entreprises en France Édition 2017 », INSEE, ésane https://www.insee.fr/fr/statistiques/4277836?sommaire=4318291

(4) État de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation en France n°12 – 42 Ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’Innovation

(5) CNEFP-Céreq, défis volet entreprises

(6) Céreq, CVTS 3 , CVTS 4

(7) Exploitation des déclarations fiscales des employeurs n°24-83, Céreq, annexe au projet de loi de financement pour la formation professionnelle 2018